Il y a des décisions que l'on prend sans vraiment savoir à quel moment elles se sont imposées.
Pour moi, venir vivre à Belle-Île n'a pas été un choix soudain. C'est une idée qui s'est installée doucement, au fil des traversées, des saisons et des retours. Chaque séjour me laissait avec la même impression : celle de repartir trop vite.
Je ne cherchais pas simplement un lieu où vivre. Je cherchais un endroit où retrouver du temps.
Du temps pour marcher sans destination précise, pour attendre une lumière, pour écouter le vent avant même de sortir l'appareil photo.
À Belle-Île, j'ai compris que la photographie n'était plus seulement un moyen de rapporter des images. Elle devenait une manière d'habiter un paysage.
Aujourd'hui encore, il m'arrive de partir avant le lever du soleil sans savoir ce que je vais trouver. Parfois je rentre avec une photographie. Parfois sans rien. Mais ces heures passées dehors ont toujours quelque chose à m'offrir.
Le jour se lève à peine. Les premiers oiseaux commencent à chanter. La mer hésite entre le bleu et le gris. Pendant quelques instants, l'île semble n'appartenir à personne.
C'est souvent à cet instant que je me rappelle pourquoi je suis venu vivre ici.
Non pas pour collectionner les cartes postales, mais pour apprendre à regarder autrement.
Chaque photographie que je réalise porte un peu de cette décision prise il y a plusieurs années. Celle de ralentir, de laisser le temps faire son œuvre et d'accepter que les plus belles lumières ne se commandent jamais.
Elles se méritent.
Prolongez cette histoireLes photographies réalisées au fil de ces matins et de ces soirées où la lumière transforme Belle-Île sont à retrouver dans la galerie « Levers et couchers de soleil à Belle-Île-en-Mer ».




